samedi 21 février 2009

Entièrement d'accord avec vous M. Pratte sauf que vous faites erreur sur la personne

Dans son éditorial de la Presse, M. Pratte nous explique que le capitalisme tel qu'on le pratique dans le monde est déficient, pervers et qu'une réforme de celui-ci est nécessaire:Les capitalistes ont été mauvais gagnants. Ils ont poussé leur système à l'extrême, c'est-à-dire à l'excès. Risques démesurés, appétits gargantuesques, incompétence et arrogance crasses, fraudes éhontées ont marqué la dernière décennie. Jusqu'à ce que les colonnes du temple s'effondrent.
Et je ne peux qu'être d'accord avec vous M. Pratte. 
Mais voila, il y a erreur sur la personne: ce que vous décrivez comme le capitalisme n'en est qu'une piètre incarnation.
Vous vous en prenez au libéralisme économique comme si notre économie suivait ce principe, et comme si tout ce qui arrive présentement est du à ce libéralisme.

Il est bien difficile d'arriver à ceci en regardant de plus près.
Par exemple:
Aujourd'hui, ceux-là mêmes qui prônaient l'État minceur supplient les gouvernements de venir à leur rescousse. L'industrie automobile à elle seule dit avoir besoin d'une bouée de sauvetage de 40 milliards
Honnêtement, peut-on voir l'industrie automobile comme une industrie pro-laisser-faire ? Elle qui vie de subventions et de lobbying auprès des gouvernements depuis si longtemps. Les financières tel Fannie Mae et autres sont des organismes qu'on pourrait plus qualifier de para-gouvernementaux que d'entreprise libre et indépendantes.

Et un apôtre du libre marché aussi convaincu que l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, souhaite la nationalisation temporaire de certaines banques.
Dans le contexte qui nous intéresse, il faut citer M. Greenspan sur ses actes et non sur ses belles paroles. M. Greenspan, dans ses actes est tout sauf un partisan du capitalisme libre. De prôner le libre marché tout en s'ingérant au jour le jour dans celui-ci en tant que président de la FED, en manipulant les taux d'intérêts comme il l'a fait est tout sauf du néo-libéralisme.

Pour accuser le laissez-faire économique, il faut démontrer que notre économie est basée sur ce principe, ou du moins démontrer que ce sont des points ou le laissez-faire économique qui causent problème et que plus de cette doctrine serait néfaste.

Mais si on remonte à la source de la crise économique, celle-ci en est une de crédit. Trop d'argent à trop bas prix. Est-ce que ceci aurait été possible dans une économie de laissez-faire, c'est à dire sans intervention des gouvernements et des banques centrales ? La réponses est non. Sans la banque centrale et les gouvernements qui manipulent les taux d'intérêts, ceux-ci auraient étés bien plus haut puisque la quantité d'économie dans les banques n'aurait pu justifier une telle facilité d'argent. Rappel: dans un marché libre, le taux d'intérêt est lui aussi soumis à la loi du marché et représente le rapport entre l'offre ( la quantité d'argent dans les banques ) et la demande ( le désir de payer plus cher pour avoir de l'argent aujourd'hui au lieu d'attendre à demain ).  Dans un capitalisme libre, le taux d'intérêt plus élevé aurait arrêté la bulle avant qu'elle ne devienne une grosse balounne....

Vous semblez attribuer les fraudes boursières à la liberté économique. Pourtant, plusieurs organismes existent déjà pour débusquer ces fraudes et les condamner. C'est comme si vous vouliez attribuer ses fraudes à une trop grande liberté de marché ? Je suis curieux d'entendre vos suggestions pour éviter celle-ci. Et contrairement à ce que vous laissez penser ( sans le dire ), une économie libre ne veux pas dire sans loi et contrôles mais bien sans interventions. Les lois contre la fraude devraient être des plus solides en effet. La liberté implique en effet que les gens soient protégés des malveillances des autres.

C'est l'État qui a mis au jour ces abus 
J'espère ! C'est le moins qu'il puisse faire. Encore, il ne faut pas associer libre marché avec anarchie. Loin de la. Ça prends des loi et des contrôles.  Il faut distinguer ceux qui prônent le libre marché avec une théorie et des loi pour l'appliquer et ceux qui prônent le libre marché pour avoir la liberté de profiter de celui-ci.


C'est l'État qui a mis au jour ces abus, l'État qui permettra aux économies de se relever, l'État qui amortira les chocs subis par les citoyens - pertes financières, chômage. En contrepartie, les gouvernements voudront renforcer leurs contrôles sur le système économique. À moyen terme, cela nuira à l'efficacité de celui-ci.
Et c'est ici que nos points de vue divergent complètement :).
- L'état a mis à jour la magouille et va nous sauver... vraiment ? Pour le voir ainsi, il faut attribuer la crise au système de banque et ne pas voir que ce même gouvernement est de connivence avec ce système et l'encourage via la banque centrale.
- L'état amortira les chocs aux citoyens... Oui, il fera cela, mais ce n'est aucunement par générosité comme vous semblez lui attribuer comme vertue. C'est notre argent ! Pas la sienne. C'est bien facile et plaisant pour lui de jouer les sauveurs dans ces circonstances.
- Les gouvernements voudront renforcer leurs contrôles sur l'économie.   Évidemment.... ceux-ci joue à manipuler ce marché et quand ça ne fonctionne pas, ils mettent le blâme sur d'autres et réclament plus de contrôle.

Si c'est plus de contrôle sur les règles du jeu qui est demandé par tous, je suis tout à fait d'accord. Mais au lieu de parler de réforme du capitalisme en termes si abstraits, j'aimerais bien avoir des idées concrètes de ce que ces gens ( Vous, M. Pratte, Sarkosy et beaucoup d'autres ) ont en tête.
Si c'est pour avoir plus de contrôle dans le sens d'interventions sur les règles du jeu, et bien non merci ! Je ne vois vraiment pas comment une plus grande dose de poison pourrait être bénéfique au marché.

Mais je suis ouvert aux suggestions, c'est quoi qu'il faut améliorer au système économique actuel si ce n'est que le laisser tranquille et arrêter de manipuler l'argent ?

Donc pour terminer, je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait qu'il faut réformer le système économique actuel. Mais comme nos opinions divergent sur l'analyse de la cause des problèmes, je suis certain que nos solutions ne seront pas les mêmes. 

François.

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