mercredi 12 janvier 2011

Secteur public: un gel des salaires nuit à l'économie ?

Comme le dit si bien Pierre Simard dans son texte d'aujourd'hui publié dans le Journal de Montréal:
Ca y est, la période pré budgétaire est amorcée. Celle où les syndicats, les corporations professionnelles et autres groupes d'intérêts se disputent la richesse des autres. La période des loups !
Voici un texte pour lequel cette affirmation s'applique à merveille. Celui-ci est publié par un soi disant économiste au service de Syndicat Canadien de la fonction publique:
Un article du New York Times publié récemment rapportait que certains États américains souhaitaient assainir leurs finances publiques en gelant les salaires des travailleurs du secteur public et en limitant le pouvoir des syndicats. Par exemple, le gouverneur de l'État de New York souhaiterait geler les salaires des employés de l'État, ce qui permettrait des économies de 200 à 400 millions de dollars. D'autres réformes plus radicales pourraient aller de l'avant comme en Ohio, où le gouverneur voudrait interdire le recours aux grèves par les professeurs des écoles publiques.
Les réformes souhaitées par ces dirigeants américains ont de quoi surprendre, car la principale cause de la détérioration des finances publiques est ailleurs. On devrait plutôt regarder du côté de la sévère crise financière qui a mené à une crise économique importante pendant laquelle de nombreux travailleurs ont perdu leur emploi.
Donc, première constatation de cet économiste, regardez ailleurs !
Personne ne dit que la crise économique est causée par le salaires des fonctionnaires, ce que ces états désirent est simplement réduire les dépenses. Clairement, cet économiste désire attirer l'attention ailleurs en contournant le sujet de la réduction des dépenses.

Rappelons que la croissance du PIB repose entre autres sur la consommation des ménages. Diminuer le pouvoir des syndicats afin de réduire les dépenses de l'État est un moyen soutenu par certaines théories économiques aujourd'hui remises en question. Il est clair que la consommation va diminuer si les salaires réels sont réduits. Aussi est-il étonnant que certains gouverneurs américains veuillent diminuer les salaires des travailleurs, ce qui pourrait nuire à la croissance économique.
Il est toujours surprenant d'entendre un économiste affirmer de telles choses. Notez qu'il nous dit que la croissance repose «entre autre» sur la consommation... demi-mensonge, demi-vérité ?
Le PID n'est pas une mesure de la consommation, c'est une mesure de la production. Ce que veux nous faire croire cet économiste avec ses nouvelles théories est que plus on est riche, plus on consomme, plus le PIB croit et donc plus on est riche. Mais ces théories sont à l'envers: pour s'enrichir, il faut avant tout produire et non consommer !
On n'a qu'à réaliser qu'une importation est une consommation qui ne participe pas au calcul du PIB puisque le bien n'a pas été produit dans le pays pour voir une des failles de ce raisonnement.

Lors d'une allocution au Labor and Employment Relations Association (LERA), l'économiste Paul Krugman notait que le déclin du taux de syndicalisation aux États-Unis avait contribué à affaiblir la classe moyenne américaine.
Selon lui, cette inégalité croissante serait due en grande partie à l'érosion des droits des travailleurs à choisir un syndicat et à négocier. Ce phénomène contribue à accentuer les écarts de richesse et nuit inévitablement à la croissance économique. Autrement dit, affaiblir le rôle de négociation des syndicats, c'est rendre la redistribution des richesses encore moins équitable.
Toujours aussi comique ce Krugman... Selon lui, prendre l'argent des citoyens pour la donner aux employés de l'état nuit à la croissance économique et rends la redistribution des richesses moins équitables...
Premièrement, n'en déplaise à M. Krugman, les employés de l'état ne créent pas de richesse. Leur salaire est soutiré de celui des autres citoyens qui eux ne pourront plus en profiter. Ce n'est qu'un transfert d'argent et non de la croissance économique.

Et pour ce qui est de la redistribution des richesses, ceci est un total affront. La majorité des fonctionnaires se situent dans la classe moyenne. Et la majorité des impôts et taxes sont payés par les citoyens de la classe moyenne. C'est cela le concept de redistribution des richesses: prendre aux uns pour le donner à un sous-groupe de privilégié ?

Il n'y a pas de corrélation entre taux de syndicalisation et déficit public, encore moins de lien de causalité. Par exemple, certains pays dans le monde ont des taux de syndicalisation supérieurs à 50% tout en ayant des ratios dette-PIB raisonnables.
Hé, hé... Plutôt malhonnête comme manœuvre ici... Qui sait, peut-être n'y a-t-il pas de corrélation, peut-être y en a-t-il une, là n'est pas la question. Le point est qu'il est certain qu'il y a corrélation entre le salaire des employés public et les dépenses de l'état...
Point à la ligne...

François.

2 commentaires:

Accent Grave a dit...

IL n'est pas faux de dire que la consommation entraine la production, donc le PIB (produit intérieur brut).

Cependant, il est plus avantageux de produire pour l'exportation.

Alors, la poule ou l'oeuf? De toute manière, on s'en va lentement vers un cul de sac. Tout étant basé sur une croissance, croissance des exportations, croissance de la consommation, croissance de la production et comme il en va ainsi dans tous les pays, dites-moi, comment tous les pays peuvent-ils augmenter les exportations?

La croissance infinie n'existe pas. Ce modèle économique est voué à l'échec et on ne pourra rien y changer tant que nous ne serons pas dans le fond du sac!

Accent Grave

Francois a dit...

Moi je crois en la croissance infinie. C'est à dire que je suis certain que l'humain va toujours trouver des façons de faire mieux, différemment. D'inventer des nouvelles technologies qui changeront notre vision du monde, etc.
(Tout cela s'il est libre de le faire évidemment... )

«dites-moi, comment tous les pays peuvent-ils augmenter les exportations?»
Simplement en produisant plus, leur permettant d'exporter et d'importer plus.

Le problème n'est pas la croissance mais plutôt la croissance par l'endettement.