jeudi 13 août 2009

Imiter l'autre est à la base des liens sociaux (?)

Les êtres humains ne sont pas les seuls bipèdes à se sentir flattés lorsqu'ils sont imités: l'imitation constitue chez les primates un premier pas vers les liens sociaux, affirme une étude parue jeudi dans Science.
Selon les auteurs qui s'appuient sur des études précédentes, les êtres humains adoptent volontiers les manières et les postures des gens qu'ils rencontrent, une attitude qui suscite en retour inconsciemment bienveillance et empathie de la part de l'imité.
Ce mimétisme serait à la base des liens sociaux.

Donc mesdames et messieurs, n'ayant aucune identité personnelle et donc aucune fierté en celle-ci, lorsque nous adoptons bassement les idées et comportements de nos compères, nous ne somme pas plus bas qu'un singe. Confortons-nous dans notre conformisme aveugle.

En fait, il semble même, selon cette étude, que d'imiter aveuglément les comportements ( donc les raisons d'agir ) des autres est la base des liens sociaux !
L'étude ne le dit pas mais, est-il possible à partir de celle-ci de supposer que d'utiliser sa raison pour se faire une opinion et une personnalité est anti-social ?

Bheeeeeeee !
Le Mouton Noir.

2 commentaires:

Robert a dit...

François,

Que l'être humain a tout avantage à utiliser sa raison propre, j'en conviens.

Mais extrapoler de l'étude que développer sa propre raison fait de nous une personne antisociale est un peu exagéré non ?

Je crois effectivement qu'il y a un réconfort tout à fait naturel à imiter l'autre. Un terrain connu est toujours rassurant. Et c'est là que je vois une corrélation entre de meilleurs liens sociaux et le mimitisme.

L'appartenance, selon Maslow est un pré-requis à l'accomplissement/l'estime de soi. Selon moi, l'humain répond à l'estime de soi lorsqu'il développe sa propre raison.

Il faut d'abord imiter avant de développer sa propre conscience.

Francois a dit...

Mais extrapoler de l'étude que développer sa propre raison fait de nous une personne antisociale est un peu exagéré non ?
Possiblement.

Je vais essayer de redire le tout différemment pour être certain qu'on parle de la même chose.

Revoici la phrase clé:
...les êtres humains adoptent volontiers les manières et les postures des gens qu'ils rencontrent, une attitude qui suscite en retour inconsciemment bienveillance et empathie de la part de l'imité.
Il y a deux personnes ici. Celui qui imite et celui imité.
Un coté est une forme de soumission, de l'autre coté, c'est le réconfort du contrôle.
( Un individu peut être les deux à la fois sur différentes facette: par exemple, imiter son interlocuteur et se complaire à ce qui celui-ci imite son discour... )

Ce mimétisme serait à la base des liens sociaux.
Je n'achète pas !
Soumission et contrôle sont la base des liens sociaux ?

Et si c'était plutôt: estime et respect ?
Mais voila, pour être capable d'estimer et de respecter quelqu'un, il faut avoir des valeurs claire et solides.
Et pour avoir de telle valeurs, il faut absolument utiliser sa raison.


L'appartenance, selon Maslow est un pré-requis à l'accomplissement / l'estime de soi.
Donc selon Maslow, l'estime de soi est sujet à l'approbation des autres. Ou dit autrement, un individu est incapable de se faire un système de valeur propre et doit copier celui des autres ( celui du groupe qui va l'accepter... ).
C'est le chemin facile de ceux qui ne raisonne justement pas: accepter comme du cash tout ce qui vient du groupe. Sans raisonner, valider et confronter ces valeurs.

Il faut d'abord imiter avant de développer sa propre conscience.
Je ne penses pas. A tout le moins pas pour les adultes. Il faut raisonner pour développer sa conscience ( ou je dirais plutôt: son système de valeurs. ).
La conscience suit par la suite.

Les enfants imitent.
Les ados se rebellent contre ce qu'ils ont «imités» ( en l'occurrence, leurs parents ) justement dans le but de se bâtir un système de valeur propre. De ceux-ci, ceux qui raisonnent s'en sortent grandit ( et «libre» ), les autre adoptent le système de valeur du groupe ( celui à porté de main ) et s'en remettent ainsi au hasard.

Alors... imiter ou raisonner ?