mercredi 5 août 2009

Salon de bronzage: lieu de débauche (solaire) à interdire ?

Selon M. Lamontagne (PDG du collège des médecins du Québec), il faudrait contrôler le va et vient des citoyens aux salons de bronzage.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) nous apprend que les cabines de bronzage et l'exposition aux rayons ultraviolets (UV) sont des causes certaines de cancer au même titre que le tabac, l'hépatite-B ou encore le ramonage des cheminées.
À l'instar de l'Association canadienne de dermatologie, le Collège des médecins du Québec demande au gouvernement fédéral de restreindre l'accès aux lits de bronzage. Tout d'abord, l'utilisation des cabines de bronzage devrait être interdite aux moins de 18 ans. De plus, les utilisateurs devraient obligatoirement utiliser le même salon de bronzage et se restreindre à un nombre limité de séances de bronzage par année avec une durée maximale d'exposition.
Le bronzage dans les salons augmente le risque de cancer, soit...
Mais ce que M. Lamontagne oublie est que ses statistiques ne sont que des risques.
( Sans juger ici si ceux-ci sont plausibles ou non ).

Ce comportement est typique de notre époque.
Le risque est élevé ?
Selon les experts, leur risque mortel est aussi élevé que celui de l'arsenic et du gaz moutarde. Ainsi, le risque de cancer de la peau augmente de 75 % chez les gens qui ont eu recours aux cabines de bronzage avant l'âge de 30 ans.
Il faut bien comprendre ces chiffres d'épidémiologie. Ce n'est pas que vous aurez 75% de chances d'avoir un cancer de la peau si vous allez vous faire bronzer !
C'est le risque qui augmente de 75%.
Par exemple, si le risque d'avoir un tel cancer dans la société était ( supposément ) de 1%.
En allant dans un tel salon, selon cette étude, vous augmentez votre risque à 1.75%
( Et l'incidence d'un tel cancer est sûrement moins de 1% dans la population ).

Est-ce que ce risque est un risque démesuré ?
Je ne doute pas de la capacité de M. Lamontagne de comprendre l'impact d'une telle hausse. Mais je doute fortement de sa capacité d'en juger la pertinence pour chaque individu de la société.
Une telle augmentation de risque, sans être négligeable n'est pas vraiment significative.
En quoi M. Lamontagne est-il en meilleure position que l'individu concerné pour mesurer les risques qu'il prend dans sa vie.
Selon quels critères notre gouvernement serait-il mieux placé que l'individu lui-même pour évaluer les risques de son mode de vie ?

Si pour quelqu'un, le bronzage est très important (...), c'est son problème. Une hausse de 75% de risque est peut-être très acceptable pour lui.
Et que dire de la personne qui se rend au salon de bronzage à vélo sur la voie de service du Métropolitain ? La hausse de 75% de risque est infime par rapport au risque que celui-ci prend en roulant à vélo dans un tel endroit. ( Doit-on interdire d'aller sur le Métropolitain à vélo pour se faire bronzer ? Ou plutôt, devrions-nous ne permettre que ce cas particulier puisque le rapport de risque est ainsi ? )
Comment M. Lamontagne peut prétendre être capable de tenir compte de tous ces paramètres et choix en demandant d'interdire l'accès de citoyens aux salons de bronzage ?

Dans un monde «normal», les risques que prends M. X en allant au salon de bronzage serait les siens et personne ne devrait demander de loi pour le sauver de cette hausse de 75% de risque.
Mais voila:
Il est grand temps que les gouvernements adoptent des politiques beaucoup plus sévères à l'égard des salons de bronzage. La société n'a pas les moyens de payer les soins requis pour la coquetterie des gens qui font grassement vivre les salons de bronzage.
Ce fameux système de santé «social». Comme tout le monde paye la note globalement, nous considérons que nous avons le droit de juger ceux qui prennent trop de risque à notre goût.
Cet argument est utilisé à toute les sauces pour contrôler les gens: le coût social !
Quel outil idéologique pratique: comme tous sont forcés à y contribuer et que la contribution n'est pas selon le risque, comment ne pas accepter de légiférer le risque au nom du bien commun ?

Et pour terminer, que dire de cette phrase:
La société n'a pas les moyens de payer les soins requis pour la coquetterie des gens qui font grassement vivre les salons de bronzage.
M. Lamontagne,
la coquetterie n'est pas un vice,
le bronzage n'est pas une industrie maléfique qu'il faut étouffer à tout prix,
et cette industrie ne vie certainement pas grassement.
Je comprends que comme médecin activiste vous n'aimiez pas le bronzage mais il faudrait peut-être garder un certain professionnalisme, question de conserver une certaine crédibilité...

François.

2 commentaires:

catherine a dit...

JE cherchais un article du genre depuis longtemps, moi aussi je les attends les résultats et les liens vers les études. On nous dit seulement que cela augmente le risque d'avoir ce type de cancer... si le risque est de 0 en temps normal... alors zut 0x75 ca donne encore 0. c'est beau sortir des chiffres mais encore faudrait-il donner du concret.

La encore... admettons que les chiffres de l'étude soient mis en ligne pour tous et chacuns... qui subventionne ces études? en quoi peuvent-elles etre plus crédibles que d'autres?

Je pense que dans toutes circonstances, il faut user du gros bon sens.

Marcelle Riveron a dit...

Merci pour ces infos. Est-ce qu'il y a des mêmes risques pour les personnes plus âgées que 30 ans qui vont au salon de bronzage? Je ne veux pas le cancer, mais j'aime avoir un bon teint bronzé. Je pense qu'il y a des façons de bronzer qui ont moins de risques.