samedi 17 octobre 2009

Pourquoi avoir des enfants?

Pourquoi avoir des enfants ?
C'est la grande question que se pose la Presse aujourd'hui sous la plume d'Isabelle Hachey.
Voici la série de textes:
Pourquoi fait-on des enfants ?
Le prix d'un enfant
L'enfant du désir

Faire un enfant sur commande

Les antinatalistes


Madame Hachey a fait appel à des philosophes pour nous aider dans cette question effectivement philosophique. Rare fait-on appel à ces gens pour répondre à nos questions philosophiques et cette série de texte nous aide à comprendre pourquoi...

En France, Philosophie Magazine a fait l'exercice en mars dernier.
Conclusion : «Il n'y a pas une raison isolée qui domine. C'est un écheveau complexe de désirs personnels et d'histoires familiales, de déterminismes et de hasards qui conduit à la naissance d'un bébé.»

Plus que jamais, pourtant, on fait des enfants par choix.
En d'autre mots, ce que nous dit le Philosophie Magazine est: ont le sait pas vraiment.
On peut rattacher ce qu'ils identifient comme «désirs personnels» à valeurs...
Mais quel est le rapport avec les histoires familiales ? Le déterminisme ? Le hasard ?
Ce que ces gens semblent dire est que l'on fait des enfants sans le vouloir.
Qu'avoir des enfants n'est pas une question de valeur mais est quelque chose qui nous est pré-destiné....

Le hasard décide effectivement si on pourra procréer avec succès. Mais de dire que c'est le hasard qui détermine si nous en voulons, c'est comme dire que la raison n'existe pas ! Très philosophique comme position....

«Aujourd'hui, enfanter est un choix certainement plus libre, mais je doute fort qu'il soit plus rationnel», dit la psychanalyste Irène Krymko- Bleton, professeur à l'UQAM. «Cette idée que l'on désire un enfant, c'est peut-être un leurre, puisqu'on n'est pas toujours conscient de nos motivations profondes.»
Ici encore, cette Madame Krymko-Bleton nous dit que même si l'on désire quelque chose, on ne le désire peut être pas car nous somme inconscient de nos motivations profondes...
C'est comme nous dire: à quoi bon agir selon vos valeurs et conclusions puisque celles-ci vous trompent probablement...
C'est une trahison de la raison. C'est dire que la raison humaine n'est pas fiable et qu'on doit alors se fier sur.... sur quoi au juste Mme Krymko ?
Pour ce qui est d'encourager les gens à raisonner d'avantage, on a déjà vu mieux...

[...]Car mettre un enfant au monde, n'est-ce pas lancer la mort à ses trousses?»
Absolument, répond le philosophe français Roland Jaccard, qui a pris le parti du pessimisme.
Pour lui, «donner la vie est un acte mauvais, voire criminel». Le monde est trop pourri pour qu'on y fasse des enfants, estime M. Jaccard, un disciple d'Emil Cioran, ce penseur roumain ayant lui-même écrit : «Je ne comprends pas que les femmes n'avortent pas simplement en regardant le journal télévisé.»
Charmant comme point de vue...
Dire que la philosophie est supposé nous aider à penser, à se bâtir des valeurs. Nous guider.
Que dire d'un guide qui déteste tellement l'humanité telle qu'elle est qu'il en prône la destruction au lieu d'essayer de l'améliorer.
Ce genre de philosophe est perdu... totalement banqueroute dans son système de valeur... Un zombie humain... qui accuse l'humanité de la petitesse de son existence...

Provocateur? Bien sûr. De tout temps, les philosophes ont entretenu des préjugés envers les enfants, constate M. Lacroix. «Même Platon voyait en eux une sorte d'oeuvre pour les gens incapables d'en faire une autre. À ses yeux, la procréation, c'était la création pour les nuls; un moyen d'assurer sa postérité, mais de façon un peu médiocre.»
Que dire de plus....


On ne fait plus le don de la vie ; désormais, on s'offre un enfant.
C'est le constat auquel est parvenu Philosophie Magazine

Pas moins de 60% des Français estiment qu' «un enfant rend la vie de tous les jours plus belle, plus joyeuse».
Enjoliver sa propre existence est d'ailleurs la toute première motivation à engendrer.
«Il y a de l'égoïsme dans la décision d'avoir un enfant», constate Alexandre Lacroix, rédacteur en chef du magazine.
«On le fait pour soi, pour se faire plaisir. Un enfant, c'est comme une sorte d'animal de compagnie, en mieux.»

Et bien, Philosophie Magazine fait une grosse erreur ici qui est de confondre « intérêt personnel» et égoïsme. Et cette erreur est inacceptable pour un philosophe, car elle est délibérée. (ou n'auraient-il pas saisis la nuance ?.... )
Ce que nous dit le texte ci-haut est que si nous agissons en fonction de nous valeurs, pour notre bien, nous somme coupable d'égoïsme...
Comparer la valeur d'avoir un enfant à celle d'avoir un animal de compagnie est de rabaisser le jugement des gens à un niveau déplorable. Certainement que des gens veulent des enfants pour des valeurs aussi simplistes mais ce n'est absolument pas le cas pour la majorité de ceux-ci.
Comment justifier avec cette affirmation le fait que beaucoup de familles ont plus d'un enfant ? En nous disant que certaines personnes ont plusieurs animaux de compagnie ?....

«Quand on fait des enfants, on ne les fait pas pour la société, ni à la rigueur pour l'enfant lui-même.
On les fait pour soi», affirme Irène Krymko-Bleton, psychanalyste et professeur à l'UQAM qui a beaucoup étudié le désir d'enfant.
«Je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui, de façon désintéressée, aurait fait des enfants pour offrir la vie, poursuit-elle.
Il y a toujours des motivations profondes liées à nous-mêmes.
Encore cette accusation que lorsque l'on agit dans la vie, nous le faisons pour nous même...
Comme si la seule autre raison d'agir dans la vie n'était pas sous la menace d'autrui !

«On fait des enfants pour soi, puis on découvre qu'ils demandent beaucoup d'investissement, qu'il faut s'oublier un peu», remarque Mme Krymko-Bleton.
Adieu les soirées en amoureux et les sorties impromptues au cinéma.
Bonjour les couches, les pleurs et les virées obligatoires au parc.
À la revendication hédoniste se mêle l'abnégation la plus totale.
Revendication hédoniste.... abnégation la plus totale....
Wow ! Un peu radical comme interprétation non ?
Oui, l'on fait des enfants en fonction de nos valeurs, et oui, c'est demandant.
Mais dénigrer les valeurs menant à avoir un enfant comme étant sans fondement et comme étant si superficielle que cet enfant se transforme en négation de soi est simpliste.
Encore la, cette logique ne tient pas la route face au fait que plusieurs couples ont plus d'un enfant. A moins qu'on pousse la logique au point que ces gens sont tellement atteints d'une abnégation qu'ils en redemandent ?

Ainsi conclut Philosophie Magazine : «Véritable ruse de la morale, la procréation conduit l'ego à se dépasser en croyant se satisfaire.»
Si adorable cette philosophie... Donc, ceux qui ont des enfants le font faussement par égoïsme, mais justice existe, cet enfant leur en fait baver, ce qui est pour le mieux....

Voila pourquoi on ignore la plupart du temps l'opinion des philosophes...

Excluons les philosophes qui nous disent que quelle que soit la raison, celle-ci est fausse et conditionnée. Excluons ceux qui ne désirent pas d'enfant, quelle que soit leur raison, celle-ci ne peut être utilisé pour en expliquer le contraire...
Alors, pourquoi avoir des enfants ?

C'est une bonne question et nous avons une piste de réponse:
«Avoir un enfant, c'est manifester un accord absolu avec l'homme, a écrit Milan Kundera. Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai goûté à la vie et j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée.»

Évidemment que cette valeur n'est pas la valeur première d'avoir un enfant. Mais sans cette valeur de fond, il est certain que l'on verra cet enfant comme un fardeau....
L'amour de la vie, l'amour et l'espoir en l'humanité, c'est une motivation de fond importante pour avoir des enfants. Cet confiance en l'humanité est ce qui donne comme valeur de la continuer.

Et dans tout les commentaires de ces gens, ce qui est ignoré est le fait que pour la majorité des gens, quelle que soit la raison supposément « égoïste» d'avoir eu un enfant, à la seconde que celui-ci «existe», l'amour de la vie en tant que telle est plus fort que toute autre valeur...
Mais ceci est pour ceux qui égoïstement aiment la vie et non pour ceux qui altruistement la détestent....

François.

5 commentaires:

Bernard a dit...

J'ai eu la même réaction en lisant ce dossier dans la presse. J'ai failli tomber en bas de ma chaise et échapper mon café en lisant que "on fait des enfants pour soi" comme si c'était scandaleux!

Le fait est que, dans la vie, TOUT le monde fait TOUT et TOUJOURS pour soi, c'est à dire pour ses désirs et ses intérêts personnels. On ne donne jamais que dans le but d'obtenir quelque chose, que ce soit matériel, de l'amour, de l'amitié, de la reconnaissance, de l'aide, un bien-être personnel, etc... C'est...normal, et même Mère Térésa était ainsi.

L'égoïsme, c'est plutôt d'essayer d'obtenir sans rien donner. Les jeunes enfants sont généralement égoïstes jusqu'à ce qu'ils comprennent que pour obtenir quelque chose, ils doivent donner.

Francois a dit...

Effectivement, tout ceci est déplorable.
Que la pensée générale des philosophes soit que l'humain ne devrait pas agir en fonction de ses valeurs dans la vie démontre à quel point cette «science» n'a plus de contact avec l'humanité.

Ces gens qui, au lieu d'expliquer pourquoi certaines personnes regrettent d'avoir des enfants, prennent un malin plaisir à leur mettre en pleine face l'ironie de la raison sont déplorable.

Car c'est ce que ces gens attaquent: la raison.
De nous présenter ainsi les choix individuels que font chacun comme futile, ironique, c'est attaquer la raison.
De nous demander d'agir dans la vie sans tenir compte de nos valeurs. En fait, ils vont même jusqu'à nous dire qu'une action motivée par une valeur personnelle est moins noble qu'une action purement à l'encontre de nos valeurs! Si ce n'est pas renier la raison, on se demande ce que c'est.

Anonyme a dit...

Mais quelles valeurs, enfin!?
Vous répétez ce mot inlassablement mais jamais vous ne l'expliquez.

Quelles sont ces valeurs qui font qu'il est si évident pour vous, de procréer?

Anonyme a dit...

J'ai trouvé votre article très limité, basé sur quelques extraits et citations d'un magazine et de quelques penseurs, circonscrit à votre propre culture (qu'en pensent les Quechuas ? les Hmong ?) et à votre propre époque.

C'est un débat passionné qui touche à l'essence de nos êtres, la vie, la mort, soi et l'autre. Un exposé aussi caricatural ne peut prétendre proposer un tour d'horizon exhaustif de cette cruciale question. Vous défendez votre beefsteack, voilà tout. Vous avez combien d'enfants ?

Le titre déjà est révélateur d'une culture et de "valeurs" : pourquoi AVOIR un enfant ? La vraie question étant : pourquoi FAIRE un enfant ? L'avoir, la possession, la propriété... Nous voilà bien libertaires ! Car si votre préoccupation est celle d'en avoir un, faites coup double, et adoptez. Aime-t-on un enfant adopté autant qu'un enfant naturel ? Sacrée question également n'est-ce pas ? L'égoïsme fondamental ressort ici, votre enfant c'est vous en plus petit, c'est vous qui survivrez un peu quand votre corps sera inerte, c'est vous, qui refusez de totalement quitter ce monde, c'est vos yeux, votre menton, vos cheveux, vos rêves irréalisés, qui vivront un peu après que vous ayez quitté ce monde.

Un peu facile de citer Cioran pour discréditer les voix plurielles et diverses des gens qui pensent que la surpopulation mondiale devient sacrément préoccupante. Cioran s'est suicidé = ceux qui ne veulent pas d'enfants sont contre la vie, sont suicidaires... Moi par exemple j'aime tellement la vie, que j'ai décidé de ne pas me reproduire : on est bien trop nombreux ! 7 milliards aujourd'hui (tout l'monde aux OGM, et vite !), 1,5 milliard en 1900... Tant de gens qui ont "foi en la vie" comme vous dites.

Dans Bible Dieu nous dit "croissez et multipliez" mais le temps est venu de dire "faites une pause" car nous reproduisons nos peurs, nos erreurs, nos doutes, sans nous comprendre nous même d'abord. Que reproduit quelqu'un lorsqu'il n'a pas fait l'effort de se connaître lui même avant de donner la vie ? Il transmet tout son sac de problèmes irrésolus à la génération suivante en leur souhaitant bon courage, déculpabilisés par cet optimisme bon ton en la Vie, et en la capacité invincible des futures générations de vaincre tous ces problèmes que nous, tristes sires, n'avons pu résoudre et pire, avons empiré.

Comme le dit cette chanson de Sinsémilia (que je déteste, car si pessimiste au fond, si résignée et lâche) : "on vous souhaite tout le bonheur du monde pour aujourd'hui comme pour demain, que votre chemin évite les bombes..." Wah ! Merci Papa, merci Maman, super programme !

Rendre ce monde plus humain avant d'y ajouter de nouveaux humains... Et pas l'inverse ! Le sale boulot c'est à NOUS adultes de le faire, pas à eux, ceux qui suivront...

Une ch'tite citation Navajo pour finir ? On n'hérite pas du monde de nos parents, on l'emprunte à nos enfants.

Dans quel état va-t-on leur rendre cette fois ci ?

Whysouldyoube

Anonyme a dit...

...ajout au message précédent...

Je voulais juste ajouter qu'il me semble que l'essentiel n'est pas que VOUS ou MOI ou qui que ce soit se reproduise, c'est anecdotique. Peu importe que votre capital génétique, votre culture, vos valeurs se perdent, la vie est si diversifiée et riche que d'autres valeurs triompheront, plus ouvertes, plus belles encore.

L'essentiel me paraît être qu'il y ait des enfants sur cette Terre, plein d'enfants, heureux, joyeux, encouragés à devenir des adultes pacifistes et aidants, pourquoi pas aimants ? Peu importe à qui ils appartiennent, chaque enfant est mien, est vôtre.

Aujourd'hui il y a bien assez d'enfants sur cette planète ! Mais quelles vies vivent-ils, dans leur vaste majorité ? Un enfer. Faisons-en moins, et offrons leur des vies plus belles !

Whyshouldyoube